Manifeste pour une France européenne


Goodyear, Villeneuve-Loubet, Aulnay, Alizay ou Florange. Voici les noms des sites qui ces dernières années ont laissé des milliers de nos compatriotes sans emploi, et surtout bien souvent sans espoir. Ces tragédies sociales, nous avons le devoir de les garder en mémoire. Ce devoir nous incombe parce ce sont des vies humaines, des familles et des communautés entières qui ont été touchées. Mais ce devoir nous incombe également parce ces fermetures sont le symbole d’une France dont nous ne voulons plus. Nous ne voulons plus d’une France qui a peur du reste du monde. Nous ne voulons plus d’une France qui ne laisse pas à l’individu l’espace dont il a besoin pour créer, innover et entreprendre. Nous ne voulons plus d’une France qui a fait de l’immobilisme sa seule arme contre la crise.

Moins visible cette fois, l’exil de nos jeunes diplômés comme non-diplômés n’en demeure pas moins, lui aussi, une véritable tragédie pour notre pays. Nous pouvons les blâmer, nous pouvons les juger, nous pouvons nous en offusquer. Nous pouvons aussi nous interroger sur les raisons de ce désamour. En effet, devons-nous reprocher à un jeune entrepreneur plein d’ambitions et de talents d’être désespéré par la lenteur bureaucratique ? Devons-nous reprocher à un jeune entrepreneur de ne pas vouloir être asphyxié par une fiscalité aussi complexe que pesante et changeante ? Devons-nous reprocher à un jeune entrepreneur de vouloir conserver l’élan qui l’anime en refusant de se soumettre à un Code du travail gros de plus d’une dizaine de milliers d’articles ?

Il se dit souvent de l’Europe qu’elle est la cause de nos difficultés économiques et sociales. C’est se tromper de cible.  Car nous sommes seuls responsables de ce que nous sommes, la France n’est pas un enfant et ses choix déterminent ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Bien sur, il nous est possible de reprocher à l’Europe de nous exposer à l’agressivité commerciale de l’Allemagne et de celle du reste du monde. Bien sur il nous est facile de blâmer l’Europe pour avoir bouleversé le climat naturel de notre économie. Bien sur, il ne nous coûte rien d’accuser l’Euro d’être à l’origine de la baisse de notre pouvoir d’achat et de mettre en difficultés nos entreprises à l’exportation.

Comment, en effet, ne pas éprouver dépit et tristesse en regardant nos usines et nos bureaux se vider de leurs employés et de leurs ouvriers ? Comment garder espoir quand 150 000 jeunes par an sortent du système scolaire sans diplôme ? Comment ne pas baisser tête honteuse en regardant les agences de Pôle Emploi débordées par le nombre croissant de chômeurs ?

Il nous faut donc un bouc émissaire, car cette situation est à la limite du supportable. La respiration de notre société se mue petit à petit en un long râle sourd et irritant. Nous ne tenons plus que sur des jambres tramblentes et frêles face à la mondialisation. Dans de pareils instants, il est naturel de penser que les clés du succès d’autrefois seront celles de demain. Pourquoi ? Parce que c’est sécurisant. Déjà tracée, la route fut débroussaillée par la France de l’après-guerre qui eût l’audace et le courage des explorateurs en adossant au mot d’Etat, celui de Providence, au mot de nation, celui de solidarité, au mot de liberté, celui de sécurité.

Si nous avions besoin d’un Etat fort et profondément impliqué dans la vie des français en 1945, nous avons aujourd’hui besoin d’un Etat qui laisse à l’individu comme à la collectivité le minimum de liberté nécessaire à l’initiative, la créativité et à l’exploration de l’inconnu, qui permettent à chacun de vivre en toute liberté la vie qu’il veut mener. En effet, nous trouverons le respect chez nos partenaires dans notre capacité à améliorer chaque jour notre quotidien, et il n’y a pas de raison qu’une avancée ne puisse être partagée d’un bout à l’autre de la terre. En résumé, si nous ne voulons pas subir la mondialisation, il nous faut prendre l’initiative du changement en s’appuyant sur notre capacité à inventer, à innover, à créer.

Le monde ne nous attend pas. Et quoiqu’on en dise, nous sommes plus proche de n’importe quel individu de part le monde que nous ne l’avons jamais été. Or, si nous ne nous mêlons pas des affaires du monde, si nous nous coupons de ses influences, si nous rejetons ses réussites, comment parviendrons-nous à saisir les aspirations des chinois, des africains, des indiens, des russes ou des brésiliens ? Comment apporterons-nous notre pierre à l’édifice ? Comment gagnerons-nous le respect de nos idées, de nos intérêts et de notre identité ? La mondialisation ne nous rendra que ce que nous sommes bien disposer à lui donner, rien de plus, rien de moins. Plus nous sommes attentifs et sensibles au monde qui nous entoure, plus nous sommes en mesure de lui apporter ce que nous avons de meilleur.

Où est l’Europe dans tout ça me direz-vous ? L’Europe est une source d’inspiration exceptionnelle. Nous revitalisons à travers l’Europe nos racines antiques et chrétiennes. Nous vivons à travers l’Union européenne une véritable expédition vers de nouvelles terres politiques, économiques et sociales encore jamais explorées. Nous découvrons avec la monnaie unique la première mise en commun d’un pouvoir régalien qui ne soit pas le résultat d’une lutte armée.

La France peut apporter au monde ce qu’elle a de meilleur, de plus brillant et de plus éclatant. La civilisation européenne a toujours accompagné la gloire française. La France n’est jamais autant la France que lorsqu’elle est européenne. Nous ne voulons pas de l’Europe française ou de l’Europe allemande. Nous voulons la France européenne, l’Angleterre européenne et l’Allemagne européenne. L’Europe n’est pas synonyme de déclin de l’Etat-nation, elle en est et en a toujours été le moteur. L’Union européenne ne remet pas en cause notre modèle, c’est par son truchement, à l’aube du III° millénaire, que nous lui donnerons un nouvel élan. L’Euro ne nous lèse pas, il fait de nous une civilisation qui n’a plus peur d’elle-même et de son identité. Avec toutes les difficultés qui les accompagnent et que nous avons le devoir d’admettre et de surmonter, les institutions européennes rappellent au monde que nous avons toujours été une grande civilisation et une grande nation : l’Europe et la France.

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6 réflexions au sujet de « Manifeste pour une France européenne »

    • I do agree with all the ideas you have presented in your post. They are very cocnivning and will definitely work. Still, the posts are very short for starters. Could you please extend them a little from next time? Thanks for the post. Anibal

  1. Oui il y a beaucoup de vrai dans ce texte mais il oublie de signaler les erreurs commises entr’autre la façon dont on a fabriqué l’Euro en créant cette monnaie avant d’avoir synchronisé notre fiscalité et d’autres erreurs de pilotage ! Puis ne pas oublier qu’il nous manque une volonté politique (de tous les hommes politiques) afin d’avancer ensemble vers un futur meilleur pour l’Homme !!!

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